
Jeudi 4 décembre 2025 (21 novembre au calendrier julien): Entrée (ou Présentation) au Temple de la Mère de Dieu (Icône peinte par le Père Grégoire Kroug)
Une des 12 Grandes Fêtes de l’Église orthodoxe.
Lorsque la sainte et très pure enfant eut atteint l’âge de deux ans, son père Joachim dit à son épouse : « Menons-la au Temple du Seigneur, afin de remplir la promesse que nous avons faite de la consacrer dès son plus jeune âge au Tout-Puissant. » Lorsque vint la troisième année, les deux époux décidèrent d’accomplir leur vœu et d’offrir leur enfant au Temple.
La sainte Vierge, née toute pure et élevée par Dieu dès sa naissance à un degré de vertu et d’amour des choses célestes supérieur à toute autre créature, s’élança en courant vers le Temple juif et elle se jeta dans les bras du grand prêtre Zacharie qui l’attendait sur le parvis. Zacharie la bénit, en disant : « Le Seigneur a glorifié ton nom dans toutes les générations. C’est en toi qu’aux derniers jours se manifestera la Rédemption qu’il a préparée pour Son peuple. » Et, chose inouïe pour les hommes de l’Ancienne Alliance, il fit entrer l’enfant dans le Saint des Saints, pour devenir elle-même le « Saint des Saints » de Dieu, le sanctuaire vivant et temple du Divin Enfant qui allait naître d’elle. Là où seul le grand prêtre pouvait pénétrer, une fois par an seulement, le jour de la fête de l’Expiation. Elle demeura dans le Temple jusqu’à l’âge de douze ans. Pendant les neuf années qu’elle passa dans le sanctuaire, la Toute-Sainte fut nourrie d’une nourriture spirituelle apportée par un ange de Dieu. Elle menait là une vie céleste, supérieure à celle de nos premiers parents dans le Paradis. Sans souci, sans passion, Marie ne vivait que pour Dieu seul, l’intelligence fixée à tout moment dans la contemplation de Sa beauté. Par la prière continuelle et la vigilance sur elle-même, la sainte enfant acheva, pendant ce séjour dans le Temple, de purifier son cœur, pour qu’il devienne un pur miroir dans lequel la gloire de Dieu puisse se refléter. Comme une fiancée, elle se revêtit de la splendide parure des vertus, afin de se préparer à la venue en elle du Christ, le divin Époux. Elle parvint ainsi à une telle perfection, qu’elle résuma en elle-même toute la sainteté du monde et, devenue semblable à Dieu par la vertu, elle attira Dieu à se rendre semblable aux hommes par son Incarnation.
L’intelligence affinée par l’hésychia et la prière, elle parvint ainsi à la connaissance du sens profond des mystères de l’Écriture. Vivant parmi les choses saintes et considérant sa propre pureté, elle comprit quel avait été le dessein de Dieu tout au long de l’histoire de Son peuple élu. Elle comprit que tant de siècles avaient été nécessaires pour que Dieu se préparât une mère issue de l’humanité rebelle, et que, pure enfant élue par Dieu, elle devait devenir le vrai Temple vivant de la divinité.C’est elle qui est en effet le véritable Sanctuaire, le Tabernacle du Verbe de Dieu, l’Arche de la Nouvelle Alliance, le Vase contenant la manne céleste, la Verge bourgeonnante d’Aaron, la Table de la Loi de la grâce. C’est en elle que les prophéties obscures se dévoilent. Elle est non seulement l’Échelle reliant la terre et le ciel, que le Patriarche Jacob aperçut en songe, mais aussi la Colonne de nuée qui révèle la gloire de Dieu, la Nuée légère du prophète Isaïe, la Montagne non entaillée de Daniel, la Porte close par laquelle Dieu est venu visiter les hommes d’Ézéchiel, et la Fontaine vivante et scellée qui fait jaillir sur nous les eaux de la vie éternelle. Contemplant spirituellement ces merveilles qui devaient avoir lieu en elle, sans comprendre encore clairement comment elles allaient s’accomplir, la Toute-Sainte dirigea sa prière et son intercession vers Dieu avec plus d’intensité encore, pour que le Seigneur se hâte de réaliser Ses promesses et qu’Il sauve le genre humain de la mort, en venant habiter parmi les hommes.
Voilà pourquoi l’Église se réjouit et exhorte tous les amis de Dieu à se retirer, eux aussi, dans le temple de leur cœur pour y préparer la venue du Seigneur, par le silence et la prière, en se soustrayant aux plaisirs et aux vains soucis de ce monde. (Extrait du Synaxaire de l’Eglise orthodoxe)

Dimanche 7 décembre 20imanche25 (24 novembre au calendrier julien): Fête de la sainte mégalomartyre Catherine (Icône grecque + Photo du Monastère Ste Catherine au Mont Sinaï + Tombeau de la Sainte)
Née à Alexandrie, Catherine était la fille d’un riche et puissant seigneur. Outre la noblesse, Dieu l’avait parée d’une rare beauté, qui faisait l’admiration de tous ceux qui l’approchaient, et d’une intelligence exceptionnelle. La jeune fille suivit les leçons des meilleurs maîtres et des plus illustres philosophes. Sa réputation, sa beauté et sa richesse la faisaient envier par de nombreux prétendants, qui se présentaient pour la demander en mariage. Mais Catherine, ressentant l’excellence de la virginité, refusait toutes les demandes et avait posé à ses parents comme condition, de n’accepter pour époux qu’un jeune homme l’égalant aussi bien par la noblesse que par la richesse, la beauté et la sagesse. Sa mère, désespérant de trouver un tel parti, envoya la jeune fille prendre conseil d’un saint ascète chrétien qui vivait un peu en dehors de la ville. Celui-ci, après lui avoir enseigné de s’attacher au Christ seul, la congédia en lui donnant une icône de la Vierge portant l’enfant-Dieu dans ses bras. La nuit suivante, Catherine vit apparaître la Mère de Dieu, mais le Christ se détournait et refusait de la regarder, disant qu’elle était laide et souillée, car encore soumise à la mort et au péché. Toute troublée, elle se rendit auprès de l’ascète, qui lui enseigna les mystères de la foi et la fit renaître pour la vie éternelle dans le bain du saint baptême. La Mère de Dieu lui apparut alors de nouveau, portant le Christ qui rayonnait de joie. « La voilà désormais rayonnante et belle, riche et vraiment sage — dit le Seigneur — maintenant je l’accepte comme ma fiancée très pure ! » Pour sceller ces fiançailles célestes, la Mère de Dieu passa au doigt de la jeune fille un anneau et lui fit promettre de ne pas accepter d’autre époux sur la terre.
Or, à cette époque, l’empereur Maximin Daïa (305-311), à la suite de Dioclétien, voulait contraindre, sous peine de tortures et de mort, tous ses sujets à participer à des sacrifices idolâtres en signe de soumission à sa puissance. C’est alors que Catherine se présenta devant l’empereur dans le temple, lui rendit hommage comme souverain, mais condamna sévèrement le culte des créatures. Elle lui proposa ensuite d’affronter dans une discussion publique les sages et les rhéteurs les plus renommés de l’Empire. Le souverain accepta et envoya des messagers aux confins de tout l’Empire pour rassembler sages, philosophes, rhéteurs et dialecticiens. Ils vinrent au nombre de cinquante à Alexandrie et se présentèrent devant l’empereur et la foule rassemblée dans l’amphithéâtre avec, face à eux, la frêle jeune fille, seule mais rayonnante de la grâce du Saint-Esprit. Catherine démontra les erreurs et les contradictions des oracles, des poètes et des philosophes. Elle montra qu’ils avaient eux-mêmes reconnu que les prétendus dieux des païens sont des démons et l’expression des passions humaines. Elle confondit leurs mythes, et proclama que le monde a été créé de rien par le seul vrai Dieu éternel, et que l’homme a été délivré de la mort par l’Incarnation du Fils unique du Père. Réduits au silence, à bout d’arguments, les rhéteurs reconnurent leur erreur et demandèrent à la sainte de recevoir le baptême.
L’empereur, furieux de cet échec, fit alors saisir les cinquante sages et les condamna à périr par le feu. Après avoir vainement essayé de convaincre Catherine par les flatteries, il la fit torturer et jeter en prison, puis on l’attacha à un redoutable instrument de torture, mais un ange vint la délivrer. Devant le spectacle des exploits de la sainte martyre, la propre épouse de l’empereur se convertit à son tour, et elle lui rendit visite dans sa prison, en compagnie du général Porphyre, un proche ami du souverain, et de deux cents soldats, qui devinrent eux aussi disciples du Christ. Sainte Catherine les accueillit avec joie et leur prédit qu’ils remporteraient bientôt la couronne des valeureux athlètes de la foi. En apprenant la défection de ses proches, l’empereur, fou de rage et oubliant tout sentiment humain, fit cruellement torturer sa femme et ordonna de la décapiter, et le lendemain, il fit exécuter Porphyre et les soldats. Catherine fut tirée de son cachot et apparut au tribunal, puis fut à son tour décapitée. Deux anges se présentèrent alors et transportèrent son corps d’Alexandrie au Mont Sinaï. Il y fut découvert au VIIIème siècle par un ascète qui demeurait non loin de là, et la précieuse relique fut alors transférée au monastère Sainte Catherine, fondé au VIème siècle par l’empereur Justinien. Elle s’y trouve encore de nos jours, exhalant un parfum céleste et accomplissant d’innombrables miracles. (Extrait du Synaxaire de l’Eglise orthodoxe)

Mercredi 10 décembre (27 novembre au calendrier julien): Fête de l’icône de la Mère de Dieu « du Signe » (Znaménié) (Fresque jointe peinte par le Père Grégoire Kroug)
Un des grands Palladium de « la Rouss » est l’icône de la Mère de Dieu du Signe (en slavon Znaménié) qui la représente en orante avec, au centre de sa poitrine, un cercle dans lequel se trouve le buste du Christ-enfant. C’est une représentation très ancienne, qui remonte avant la période proprement iconographique, c’est à dire que l’on trouve déjà sur des moments paléochrétiens. Dans l’état actuel des connaissances, c’est l’une des premières représentations de la Mère de Dieu. Son nom, du moins dans les Eglises slaves fait référence à la citation de l’évangéliste Matthieu, qui lui-même cite le prophète Isaïe: « Le Seigneur vous donnera un signe: voici la Vierge concevra et enfantera un fils et appellera son nom Emmanuel, ce qui veut dire Dieu avec nous » (Is 7,14). Dans les Eglises de la sphère grecque, elle est désignée par le terme « Platitera » qui signifie « Plus large », sous-entendu « que les Cieux », puisqu’elle a contenu Celui que les Cieux ne peuvent contenir.

Mercredi 10 décembre (27 novembre au calendrier julien): Fête de saint Nicolas, archevêque de Myre en Lycie (Icône peinte par le Père Grégoire Kroug)
Émule des apôtres et fervent imitateur de Jésus-Christ, colonne vivante de l’Église par son zèle à défendre la foi et modèle des saints hiérarques par son soin pastoral, saint Nicolas s’est montré généreux intendant de la grâce de Dieu par ses innombrables miracles en faveur des pauvres, des délaissés, de ceux qui souffrent l’injustice et de tous ceux qui, jusqu’à aujourd’hui, réclament sa paternelle protection. Il vit le jour dans la ville de Patare, en Lycie, vers la fin du IIIe siècle, dans une famille chrétienne. Dès sa plus tendre enfance, il montra son amour pour la vertu et son zèle dans l’observance des institutions de l’Église, en s’abstenant de prendre le sein de sa nourrice jusqu’au soir, chaque mercredi et vendredi. Pieux et réservé, il fut éduqué dans les lettres sacrées et, tout jeune encore, fut ordonné prêtre par son oncle, l’archevêque Nicolas. Mais, à la mort de ses parents, il distribua généreusement ses biens aux nécessiteux, l’aumône devint pour lui son plus grand titre de gloire devant Dieu. Il se considérait comme le simple économe des biens qui appartenaient aux pauvres, et mettait un soin tout particulier à garder secrètes ses bonnes actions afin de ne pas être privé des récompenses célestes (cf. Mt 6, 3). C’est ainsi qu’il sauva de l’infamie trois jeunes filles que leur père, acculé par les dettes, voulait livrer à la prostitution, en déposant secrètement, à trois reprises, suffisamment d’or pour les marier. Finalement découvert par leur père, Nicolas fit promettre à celui-ci, sous peine d’éternelle malédiction, de ne révéler à personne son bienfait. En retour, Dieu le fit briller devant les hommes par ses charismes et ses miracles. En route pour un pèlerinage aux Lieux saints, il apaisa à deux reprises, par sa prière, la tempête qui mettait en péril le navire sur lequel il s’était embarqué.
À son retour, au milieu de l’allégresse populaire, il fut bientôt désigné comme évêque de la ville voisine de Myre, à la suite de l’intervention d’un ange de Dieu auprès des évêques réunis en synode pour l’élection. Mis en prison pendant la grande et dernière persécution de Dioclétien et Maximien (305), le saint pasteur n’en cessa pas de confirmer ses brebis spirituelles dans la foi ; et, la paix de l’Église ayant été proclamée lors de l’avènement de Constantin, il montra un zèle ardent pour détruire les temples des idoles et en chasser les démons. L’hérésie d’Arius ne tarda pas cependant à troubler et à diviser l’Eglise, mais elle trouva encore saint Nicolas au premier rang des champions de l’Orthodoxie, parmi les Pères réunis pour le Premier Concile Œcuménique de Nicée, en 325.
Après avoir sauvé la ville de Myre de la famine, en apparaissant au capitaine d’un bateau chargé de blé, l’homme de Dieu sauva de la mort trois officiers romains, injustement accusés de complot, en apparaissant en songe à l’empereur saint Constantin et au perfide préfet Avlavios. Une fois délivrés, les trois militaires, pleins de reconnaissance envers le saint, devinrent moines. À de nombreuses reprises encore, tant pendant sa vie qu’après sa mort, saint Nicolas est miraculeusement intervenu pour protéger les navires en détresse et ceux qui voyagent par mer, c’est pourquoi on le vénère comme le protecteur des navigateurs.
Pendant de longues années, le saint évêque fut pour ses fidèles comme une présence du Christ, l’Ami des hommes et le Bon Pasteur ; il n’y avait pas de malheur auquel il ne compatît, pas d’injustice qu’il ne redressât, pas de discorde qu’il n’apaisât. Il se distinguait partout où il se trouvait par son visage lumineux et l’atmosphère de paix radieuse qui se dégageait de sa personne. Après tant de bienfaits, il s’endormit dans la mort pour gagner le Royaume des cieux (entre 345 et 352). Ses saintes reliques furent déposées à Myre, dans une église construite en l’honneur du saint, où elles recevaient chaque année l’hommage d’un grand nombre de pèlerins, et son culte se diffusa à Constantinople et dans tout l’Empire. En 1087, Myre étant tombée sous le pouvoir des Sarrasins, les troupes italo-normandes de la Première Croisade s’emparèrent des saints ossements et les transférèrent à Bari, en Italie du Sud, un grand nombre de miracles s’accomplissant partout où elles passaient. C’est là que, depuis, elles sont vénérées.
Saint Nicolas est l’un des saints les plus chers au peuple chrétien, tant en Orient qu’en Occident. Innombrables sont les églises qui lui sont consacrées, les fidèles ou les lieux qui ont pris son nom. Particulièrement révéré par le peuple russe comme protecteur des récoltes, il est considéré en Occident comme le patron des enfants et des écoliers, car, selon la légende, il aurait ressuscité trois enfants hachés menu par un cruel boucher qui voulait les mêler à son pâté.

Jeudi 25 décembre ( 7 janvier au calendrier julien): Fête de la Nativité du Christ (Icône peinte par le Père Grégoire Kroug)
La Nativité est l’une des plus grandes des 12 Fêtes de l’Eglise orthodoxe.
Tropaire de la Fête : « Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance. En elle les serviteurs des astres, enseignés par l’étoile, apprennent à T’adorer, Toi, Soleil de Justice,
et à reconnaître en toi, l’Orient venu d’en haut. Seigneur, gloire à Toi ! »
Le contenu de l’icône de la Nativité du Christ présente deux aspects : avant tout elle révèle l’essence même de la fête, le fait de l’incarnation réelle de Dieu, elle nous place devant le témoignage visible du dogme fondamental de la foi chrétienne, en soulignant par ses détails à la fois la Divinité et l’humanité du Verbe incarné. En second lieu l’icône de la Nativité nous montre l’effet de cet événement sur la vie naturelle du monde créé et donne, en quelque sorte, une vue d’ensemble de toutes ses conséquences. Car. selon saint Grégoire de Nazianze, la Nativité de notre Seigneur «n’est pas la fête de la création, mais la fête de la recréation», une rénovation qui sanctifie l’univers entier. L’incarnation de Dieu donne à l’univers un sens nouveau qui est le but et la raison d’être de son existence : sa transfiguration à venir. C’est pourquoi toute la création prend part au mystère de la naissance du Rédempteur et nous voyons autour du Dieu-Homme les représentants de toutes les créatures, chacune dans son rôle propre, Lui apportant ce que l’Église appelle son témoignage de gratitude. «Qu’allons-nous T’offrir, ô Christ, puisque pour nous Tu es né sur la terre comme Homme? Chacune des créatures qui sont Ton œuvre T’apporte, en effet, son témoignage de gratitude : les anges leur chant, les cieux l’étoile, les mages leurs dons, les bergers leur émerveillement, la terre, la grotte, le désert, la crèche; mais nous – une Mère Vierge…» (stichère aux Vêpres de la Nativité). L’icône ajoute les bêtes et les plantes – dons du règne animal et du règne végétal. (par Léonide Ousspensky et Vladimir Lossky)
Image du Diaporama : Monastère Sainte Catherine, sur le Mont Sinaï.