Fêtes orthodoxes d’octobre 2026

Monastère d’Optino

1)  1 octobre / 14 octobre en calendrier Julien   – Fête orthodoxe de la Protection de la Mère de Dieu (Icone peinte par Père Grégoire Kroug)

Tropaire  : « En ce jour, célébrons cette fête avec joie ô peuples fidèles, à l’ombre de Ta venue, Mère de Dieu, et élevant le regard vers Ta très pure icône, disons avec attendrissement : protège-nous par Ton vénérable voile, et délivre-nous de tout mal, priant Ton Fils le Christ notre Dieu de sauver nos âmes. »

« L’Église a toujours glorifié la Très Sainte Mère de Dieu comme la Protectrice et la Défense du peuple chrétien, implorant, par son intercession, la miséricorde de Dieu envers nous, pécheurs.
L’aide de la Mère de Dieu s’est manifestée clairement d’innombrables fois, aussi bien à des personnes qu’à des peuples, aussi bien en temps de paix qu’en temps de guerre, aussi bien dans les déserts monastiques que dans les villes peuplées.
L’événement que l’Église commémore et célèbre le 1er octobre [14 octobre selon le calendrier civil] témoigne de cette protection constante du peuple chrétien par la Mère de Dieu.
Le 1er octobre 911, sous le règne de l’empereur Léon le Sage, appelé aussi Léon le Philosophe, une vigile de toute la nuit était célébrée dans l’église de la Mère de Dieu des Blachernes, à Constantinople. L’église était remplie de fidèles. Saint André, le Fol-en-Christ, se tenait au fond de l’église avec son disciple Épiphane.
Vers quatre heures du matin, la Très Sainte Mère de Dieu apparut au-dessus du peuple, tenant un voile étendu entre ses mains ouvertes, comme pour protéger les fidèles sous cette couverture.
Elle était vêtue de pourpre ornée d’or et resplendissait d’un éclat inexprimable. Elle était entourée des apôtres, des saints, des martyrs et des vierges.
À la vue de cette vision, saint André la désigna du geste et demanda à Épiphane :
« Vois-tu comment la Reine et Souveraine de tous prie pour le monde entier ? »
Épiphane répondit :
« Oui, Père, je la vois, et je suis saisi de crainte. »
C’est à la suite de cet événement que cette commémoration fut instituée, afin de nous rappeler à la fois cette vision et la protection constante de la Mère de Dieu, chaque fois que, dans la détresse, nous recherchons dans la prière sa protection et son abri. » (Le Prologue d’Ochrid de l’évêque Saint Nicolas Velimirovitch, 1985 Lazarica Press, Birmingham, UK)

2) 10 octobre /23 octobre en calendrier Julien) –Fête orthodoxede Saint Ambroise d’Optino .

Tropaire: « Fontaine d’où coulait la santé, Père Ambroise, vers toi nous accourons: fidèlement tu nous diriges, en effet, sur la voie du salut, par tes prières nous gardant de tout malheur, nous visitant dans les-maladies de l’âme et du corps, de plus nous enseignant l’humilité, la patience, l’amour; sans cesse prie l’ami des hommes, le Christ, et notre ardente Protectrice de sauver nos âmes

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Saint Ambroise d’Optino (1812-1891), d’abord brillant séminariste et professeur, entra au monastère d’Optino (en Russie occidentale, dans l’oblast de Kalouga, près de la petite ville de Kozelsk à environ 250 km au sud-ouest de Moscou), après avoir longtemps différé un vœu fait lors d’une grave maladie.
Devenu moine puis prêtre, il fut formé par le starets Macaire et participa à la traduction et à l’édition de grandes œuvres patristiques.
Une maladie chronique le rendit presque constamment alité, mais approfondit son expérience spirituelle et sa compréhension de la faiblesse humaine.
Doué du don de discernement, il devint l’un des plus grands guides spirituels de Russie, recevant aussi bien les pauvres que les intellectuels, les aristocrates et les gens du peuple.

Il possédait ce don qui lui permettait de voir ce qui constituait véritablement le bien d’une personne. Par exemple le peintre d’icônes du monastère venait de recevoir une importante somme d’argent et s’apprêtait à prendre le chemin du retour. Il avait sans doute prié pour pouvoir repartir immédiatement ; mais le starets retarda délibérément son départ de trois jours et, ce faisant, lui sauva la vie : l’un de ses ouvriers projetait de l’assassiner et de lui dérober son argent. Lorsque le peintre finit par quitter le monastère, le malfaiteur avait abandonné son guet-apens. Ce n’est que plusieurs années plus tard que le peintre découvrit de quel danger le starets l’avait protégé..


« Aujourd’hui, pour la première fois depuis sa canonisation [en 1988], nous célébrons la mémoire du starets Ambroise d’Optino.Les saints, selon une parole du patriarche Pimène, sont la gloire de la terre. Les saints sont ceux qui ont entendu la parole de Dieu non seulement avec leur intelligence, mais de tout leur cœur ; ceux qui ont entendu Dieu parler non seulement du dehors, mais au plus profond de leur être, et qui ont répondu à Ses paroles de tout leur être.En effet, si le mot « gloire » signifie « lumière », « resplendissement », alors ils sont la gloire de la terre parce qu’ils sont la lumière de Dieu qui brille dans le crépuscule et, si souvent, dans les ténèbres de l’histoire humaine.Mais ils sont aussi la gloire de la terre dans un autre sens. En eux, nous pouvons nous réjouir de voir que, même si chacun de nous répond à l’amour de Dieu, à la vérité de Dieu, au sacrifice de Dieu sur la Croix de tout son cœur, mais timidement et sans ce don total de soi que cette réponse devrait impliquer, les saints, eux, ont accompli ce don. Ils sont la réponse de la terre à l’amour divin. Ils ont répondu à Son amour par leur amour.Et face à Sa crucifixion, face à l’horreur de la mort sur la Croix, face aux paroles tragiques du Christ : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné ? », ils ont répondu en disant :« Me voici, Seigneur. »Ils sont la gloire de la terre parce qu’en eux nous voyons que la terre n’est pas demeurée sourde, aveugle ou insensible à l’œuvre salvatrice de Dieu.Ainsi, lorsque nous pensons à l’un quelconque d’entre eux, nous pouvons nous réjouir : en lui, la terre a répondu à Dieu ; l’amour a rencontré l’amour ; la croix a été acceptée et portée. Et Dieu peut se réjouir en eux, se réjouir parce qu’en eux Sa parole, Sa vie, Sa mort et Sa Résurrection n’ont pas été vaines.Mais les saints nous apportent également un message.Ils nous disent qu’eux aussi étaient des êtres humains comme chacun de nous : fragiles, craintifs, vulnérables. Eux aussi vivaient dans un monde qui cherchait à les arracher à Dieu ; eux aussi auraient pu se détourner de Lui avec le monde.Et pourtant, s’ils ne l’ont pas fait, nous aussi, nous pouvons répondre à Dieu ; nous aussi, nous pouvons devenir semblables à eux.C’est pourquoi saint Jean Chrysostome dit, dans l’une de ses homélies, que chanter les louanges des saints sans chercher à les imiter est vain, et même plus que vain. Cela montre que nous sommes capables de reconnaître ce qui est beau, ce qui est vrai, ce qui est bon, mais que nous ne choisissons pas, selon une ancienne expression, de verser notre sang afin de recevoir l’Esprit.Réjouissons-nous donc aujourd’hui en faisant mémoire de saint Ambroise d’Optino, l’un des derniers grands starets des XIXᵉ et XXᵉ siècles.Dostoïevski vint auprès de lui chercher conseil, tout comme Tolstoï, Rozanov et beaucoup de ces intellectuels qui recherchaient la plénitude de la vie et qui, parfois, surent exprimer cette quête d’une manière particulièrement accessible et puissante.Et c’est auprès de lui qu’ils venaient : auprès d’un homme simple, certes doté d’une bonne éducation, mais qui ne possédait aucun génie littéraire ni aucun autre talent extraordinaire de cette nature.Il possédait cependant un génie : la connaissance de Dieu.Et il en possédait un autre : Dieu lui avait accordé la grâce de voir le cœur des hommes, de discerner leurs pensées et de répondre à leurs besoins.Ainsi, à la fin de cette liturgie, pour la première fois, nous pourrons prier avec lui et le prier, en communion avec toute l’Église.Beaucoup d’entre nous se sont déjà adressés à lui dans leurs prières, mais nous le faisions comme nous nous adressons à un homme en qui nous avons confiance, comme nous pouvons nous tourner vers ceux qui, autour de nous, ont gagné notre confiance.Mais aujourd’hui, au nom de toute l’Église et avec toute l’Église, visible et invisible, nous pouvons le prier afin que notre intelligence soit illuminée, que nos cœurs soient purifiés, que notre volonté retrouve son unité et sa plénitude, et que nous soit donnée l’audace de suivre le Christ partout où Il va et partout où Il nous conduit.Et nous pouvons également rendre grâce à Dieu pour celui qui, durant sa vie, fut pour tant de personnes une inspiration et un guide, une joie et une source de vie, un rayon de lumière dissipant les ténèbres pour ceux qui l’entouraient ; celui qui, depuis sa mort, n’a cessé de prier pour son peuple, pour notre peuple dispersé à travers le monde.Gloire à Dieu et action de grâce à Dieu !Et véritablement, rendons grâce à Ambroise qui, généreusement, a donné sa vie et a reçu en héritage la vie éternelle. » (Homélie du Métropolite ANTOINE Bloom en 1988 pour la Canonisation de St Ambroise d’Optino)

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