Fêtes orthodoxes d’avril 2026

Tropaire  : « Pour affermir la croyance en la commune résurrection avant ta Passion, ô Christ notre Dieu, tu as ressuscité Lazare d’entre les morts. Comme les enfants de ce temps, nous portons les symboles de la victoire et te chantons comme au vainqueur de la mort  : Hosanna au plus haut de cieux, béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur.« 





1)  5 avril 2026  – Fête orthodoxe de l’Entrée du Christ à Jérusalem ( Icône peinte par Père Grégoire Kroug)

Il s’agit de l’une des 12 grandes Fêtes de l’Église orthodoxe. Le Christ entre à Jérusalem sur un ânon,   » le Christ entre sur le chemin non seulement de ses souffrances, mais de cette terrible solitude qui l’enveloppe pendant tous les jours de la semaine de la Passion. La solitude commence par un malentendu; les gens s’attendent à ce que l’entrée du Seigneur à Jérusalem soit la procession triomphale d’un leader politique, d’un leader qui libérera son peuple de l’oppression, de l’esclavage, de ce qu’ils considèrent comme l’impiété – parce que tout paganisme ou culte des idoles est une négation du Dieu vivant. (…)Le début de la Passion du Christ est la procession triomphale de cette fête de l’entrée à Jérusalem; le peuple attendait un roi, un chef – et ils ont trouvé le Sauveur de leurs âmes. Rien n’aigrit autant une personne qu’un espoir perdu, déçu; et cela explique pourquoi les gens qui pouvaient le recevoir ainsi, qui ont assisté à la résurrection de Lazare, qui ont vu les miracles du Christ et entendu son enseignement, admiraient chaque parole, qui étaient prêts à devenir ses disciples tant qu’Il apportait la victoire, se sont séparés de Lui, lui ont tourné le dos et quelques jours plus tard ont crié: “Crucifie-Le, crucifie-Le. »Et le Christ passa tous ces jours dans la solitude, sachant ce qui l’attendait, abandonné de tous sauf de la Mère de Dieu, qui resta silencieuse, comme elle l’avait fait tout au long de sa vie, participant à sa tragique ascension vers la Croix; elle qui avait accepté l’Annonciation, la Bonne Nouvelle, mais qui acceptait aussi en silence la prophétie de Siméon selon laquelle une épée lui transpercerait le cœur.Au cours de la Grande Semaine (la semaine qui précède la Fête de Pâques), nous serons présents – non seulement pour nous souvenir, mais pour être présents – à la Passion du Christ. Nous ferons partie de la foule qui entoure le Christ et les disciples et la Mère de Dieu; en écoutant les lectures de l’Évangile, en écoutant les prières de l’Église, alors qu’une image après l’autre de ces jours de la Passion défile devant nos yeux, que chacun de nous se pose la question: “Où me tiens-je, qui suis-je dans cette foule? Un pharisien? Un Scribe? Un traître, un lâche? Qui? Ou est-ce que je me tiens parmi les apôtres? »Mais eux aussi ont été submergés par la peur. Pierre L’a renié trois fois, Judas L’a trahi, Jean, Jacques et Pierre se sont endormis juste au moment où le Christ avait le plus besoin d’amour et de soutien humains; les autres disciples se sont enfuis; il ne restait plus que Jean et la Mère de Dieu, ceux qui étaient liés à lui par le genre d’amour qui ne craint rien et est prêt à tout partager. Une fois de plus, demandons-nous qui nous sommes et où nous nous situons, quelle est notre position dans cette foule. Sommes-nous pleins d’espoir ou de désespoir, ou quoi? Et si nous restons indifférents, nous aussi nous faisons partie de cette foule terrifiante qui entourait le Christ, traînant, écoutant, puis s’en allant. (…) » (Extrait de l’Homélie de Mgr Antoine de Souroge du 30 mars 1980)

2) 12 avril 2026 – Fête orthodoxe de Pâques (Fresque jointe peinte par Père Grégoire Kroug)Tropaire: « Le Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie.« 

Pour l’Église orthodoxe, Pâques est  » la fête des fêtes » qui exprime le cœur du message évangélique  – la Résurrection de Jésus-Christ. La nuit de Pâques, les Eglises orthodoxes du monde entier retentissent de cette affirmation « Le Christ est ressuscité, en vérité Il est ressuscité ». »Qu’est ce que le mystère de la Résurrection? Pour comprendre pourquoi les icônes sont l’expression, la représentation de la Résurrection, il faut comprendre que ce qui y est représenté, ce sont les personnes humaines et le monde en général, le cosmos tout entier, tels qu’ils seront après la Résurrection, après que le Christ aura « récapitulé » toute créature, c’est-a-dire lorsque toute créature sera transformée de l’intérieur. Mais la « Résurrection » de la nature humaine par excellence, c’est la Résurrection du Christ Lui-même, La Résurrection est une naissance nouvelle a la nature telle que Dieu l’a voulue, la nature transformée par la participation a la nature divine, Dans sa kénose, Dieu se vide lui-même de son absolu, dans un dépouillement volontaire de sa propre gloire, et s’abaisse par la création de son infini dans le fini, de son être sans limites dans le limité. Puis, par son incarnation, le Christ Dieu descend encore jusqu’à s’enfermer, lui l’Incréé, dans la nature humaine, jusqu’à revêtir la forme d’un esclave, pour connaitre et assumer tous les états constituant la condition humaine, c’est-a-dire la souffrance, l’angoisse, la tentation, la mort qui sont la conséquence du péché, mais sans commettre Lui-même le péché. Il accomplit sa kénose jusqu’au point ultime que peut connaitre cette condition humaine, la descente jusqu’aux enfers, « le lieu de la radicale absence », comme le dit le Métropolite Antoine de Souroge, le lieu de la séparation absolue de Dieu.En tant qu’homme, il se livre librement comme captif au prince des ténèbres qui retient l’humanité séparée de Dieu; et, en tant que Dieu, Il détruit ces ténèbres par le rayonnement de sa gloire divine. En descendant au plus bas de la condition que l’être humain puisse connaitre, Il trouve Adam, l’homme créé par Dieu, « assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort » depuis la chute primordiale, et dans sa compassion, il le relève en ressuscitant Lui-même. Lazare avait été passivement ressuscité par le Christ en restant mortel, mais Adam est relevé en recevant une nouvelle naissance a la vie éternelle, une naissance a la divine-humanité, le Christ achevant ainsi la restauration de son image. » (Extrait du livre de l’archimandrite Barsanuphe « Icônes et Fresques du Père Grégoire« , Monastère Znaménié 1999)

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