Fêtes orthodoxes de septembre 2026

1)  8  septembre / 21 septembre en calendrier Julien   – Fête orthodoxe de la Nativité de la Mère de Dieu (Icone jointe peinte par Père Grégoire Kroug)

Tropaire  : « Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle. »


Une des 12 Grandes Fêtes de l’Église orthodoxe, elle est la première tant dans la chronologie des événements de l’histoire du Nouveau Testament que dans le calendrier liturgique. Celui-ci commence en septembre et on l’appelle « le début de notre salut » dans les chants liturgiques. Comme, La Dormition de la Mère de Dieu 15/28 août constitue la dernière des fêtes de l’année liturgique. Cette fête est primordiale pour la foi, car elle brise la malédiction de la femme stérile (Anne) et célèbre la naissance de Marie, Mère de Dieu,  née d’Anne et Joachim (vénérés comme « saints ancêtres du Seigneur »). »Dans son Évangile, notre Seigneur Dieu dit : « Quand on attend le moment de la naissance d’un enfant, il y a des préoccupations. Mais quand il est né, il n’y a que joie, car une vie nouvelle est venue au monde… » Et lorsqu’un enfant naît, ceux qui l’entourent s’interrogent : « Quel sera le destin de cet enfant ? » La naissance d’un enfant n’est que son premier jour : que seront les longs jours qui composent une vie humaine ? Et quel sera le dernier jour qui résumera toute l’existence de cette personne ?

Aujourd’hui, nous célébrons la naissance de la Mère de Dieu et nos pensées se tournent vers Elle. Elle est née – comme le dit l’Évangile – non de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme ; elle est née de Dieu. Elle naquit comme le dernier maillon d’une longue chaîne d’hommes et de femmes qui, à travers l’histoire, luttèrent : ils luttèrent pour la pureté, pour la foi et la plénitude, pour l’intégrité, pour placer Dieu au centre de leur vie, pour l’adorer en vérité et le servir avec une fidélité absolue. Dans cette longue lignée, il y eut peut-être des pécheurs, dont la vie ne comportait qu’une seule qualité qui la sauvait ; il y eut aussi des saints, dont la vie était presque sans défaut. Mais tous durent lutter, et tous avaient une chose en commun : ils luttèrent au nom de Dieu – contre eux-mêmes, non contre les autres – afin que Dieu triomphe. Et peu à peu, siècle après siècle, ils préparèrent l’Héritière de leur lignée, qui devait naître, comme tout enfant, dans le monde du bien et du mal, du péché et de la sainteté, mais qui serait un enfant choisissant le bien dès son commencement et vivant dans la pureté et une fidélité totale à sa grandeur humaine…

Aujourd’hui est née la Mère de Dieu ; Aujourd’hui marque le début du dépassement de la division qui existait entre Dieu et l’homme depuis la Chute : est née Celle qui allait devenir le pont entre le Ciel et la terre, Celle qui allait devenir la Porte de l’Incarnation, la porte ouvrant sur le Ciel. Réjouissons-nous aujourd’hui, car le commencement du salut est arrivé ; pensons à Elle avec affection, émerveillons-nous devant Elle et demandons-Lui de nous enseigner – non pas à devenir comme Elle, car la plupart d’entre nous ne peuvent l’espérer – mais à L’aimer avec révérence, à L’adorer afin de devenir dignes d’être un avec Elle : le genre humain, dont Dieu est issu, car Elle a manifesté une fidélité parfaite. ( Homélie de Monseigneur Antoine (Bloom) le 21 septembre 1981)

2) 14 septembre /27 septembre en calendrier Julien) –Fête orthodoxe de lExaltation de la Sainte Croix (Icône jointe peinte par Père Grégoire Kroug)

Tropaire: « Seigneur, sauve ton peuple et bénis ton héritage ; accorde à tes fidèles la victoire sur les ennemis, et garde ton peuple par ta croix. »


Une des 12 Grandes Fêtes de l’Église orthodoxe, la fête de l’Exaltation de la Croix a pris naissance en Palestine. Instituée pour commémorer la découverte de la vraiue Croix par Sainte Hélène en 326 et la dédicace de la basilique de la Résurrection (le Saint Sépulcre) édifiée par l’empereur Constantin en 335 à Jérusalem. Ce rite fut célébré pour la première fois à Constantinople le 14 /27 septembre 614 . Le retour triomphal, clans la capitale de l’empire, de la Croix reprise aux Perses par l’empereur Héraclius III était prévu pour 628. Il s’accomplit en fait en 633 : le patriarche de Constantinople Serge la porta en procession de l’église des Blachernes à Sainte-Sophie où l’Exaltation fut célébrée en grande pompe. Cette fête s’étendit ensuite à d’autres centres de la  chrétienté. Elle fut célébrée à Rome sous le pontificat du Pape Serge (687-701).
« Nous adorons aujourd’hui, avec tremblement et avec une profonde conscience de crainte sacrée, devant la Croix du Seigneur. Et avec cela, nous célébrons la victoire de Dieu sur le péché, sur le mal, sur tout ce qui sépare l’homme et le monde de Lui…

Les représentations artistiques de la Croix obscurcissent souvent dans notre esprit la Croix que le Sauveur a portée sur le Calvaire, la Croix sur laquelle le Seigneur est mort. En ces temps lointains, la Croix signifiait la mort d’un criminel; la mort d’un criminel, devant lequel la conscience humaine tremblait d’horreur, un criminel qui, par les hommes, par le peuple, a été jeté dehors, pour qui il n’y avait pas de place parmi les hommes, dont le chemin, à travers la mort brutale, était au fond de l’enfer. Le Sauveur a été vu ainsi par ceux qui le livraient à mort, le condamnaient à la crucifixion, le clouaient à la Croix, se moquaient de lui aux heures de sa mort; Il était pour eux un criminel qui méritait la dernière éviction du milieu des hommes et la mort, c’est-à-dire l’exclusion du milieu des vivants.

Les icônes orthodoxes et les crucifixions nous montrent la paix de la mort du Christ; les crucifixions occidentales nous montrent la mort douloureuse de l’homme, mais la réalité combine les deux, et est autre chose que la mort d’un homme qui a réussi à aimer toute sa vie et toute sa mort jusqu’à la victoire de Dieu. Le Christ, avant sa crucifixion, disait à Ses disciples: «Personne ne m’enlève la vie, Je la donne Moi -même.» Et dans la prière avant la sanctification des saints Dons, nous disons que  » Christ a été trahi — non, pas trahit. Il s’est donné lui-même à la Croix pour notre salut.»

La crucifixion de Christ est l’action de l’amour libre et divin, c’est l’action du libre arbitre du Sauveur. Le Christ qui se donne à la mort pour que les autres puissent vivre — vivre la vie éternelle, vivre avec Dieu. Judas l’a trahi; Pierre l’a renié, trois des disciples dormaient dans le jardin de Gethsémani, tous fuyant. Hérode se moqua cyniquement de lui; Pilate le livra à mort par peur des hommes; les grands prêtres, par la foi aveugle et l’envie, réclamèrent sa crucifixion — mais finalement Christ devint un homme, vécut, souffrit et mourut, parce que moi, toi et chacun de nous individuellement et tous ensemble — nous avons perdu Dieu par le péché, l’oubli, l’amour de soi — chacun de nous. Parce que pour chacun de nous, comme le Sauveur l’a dit dans une vision, il subirait toute l’horreur de la nuit de Gethsémani et toute l’horreur de la mort et de la mort du parrain… il a donné librement sa vie pour toi et pour moi — non pas collectivement pour nous, mais pour chacun de nous.

Et c’est tout le sens du signe de la Croix, car, en fin de compte, l’amour, la fidélité, la dévotion ne sont pas éprouvés par des mots, pas même par la vie, mais par le don de la vie; pas seulement par la mort, mais par le renoncement à soi-même si complet, si parfait, qu’il ne reste que l’amour de l’homme: crucifié, sacrificiel, se donnant l’amour, mourant et mourant à soi-même pour que l’autre vive.

Et nous nous prosternons devant la Croix, qui pour nous signifie tout cela et la victoire de Dieu; et comme nous devons faire le signe de la Croix avec respect, nous devons considérer ce que cela signifie pour nous; lorsque nous mettons la Croix sur nous, nous mettons sur nous un signe devant lequel tremblent toutes les forces obscures qui ont combattu avec Dieu par la Croix et qui ont été vaincus par cette Croix. Mais les forces obscures tremblent et s’éloignent de la Croix du Seigneur.

Mais en même temps, lorsque nous accomplissons le signe de la Croix, nous prenons en quelque sorte la Croix du Christ sur nous-mêmes; nous décidons de la suivre; et de prendre le chemin que le Christ nous a montré; renie-toi, prends ta Croix, et suis-Moi; afin que personne ne t’enlève la vie, donne-la tous les jours, toutes les heures, jusqu’à ce qu’il soit temps de la donner une fois pour toutes entre les mains de Dieu. Et que toute ta vie soit le port de cette Croix, signe de la victoire et de ta volonté de vivre et de mourir comme le Seigneur est mort. Et comme nous devons faire le signe de Croix avec révérence, en conscience, en nous rappelant que nous professons toute notre foi par la Croix, en pliant les trois doigts ensemble pour témoigner notre foi en la Sainte Trinité, et en pliant les deux autres doigts, pour rappeler à nous-mêmes, aux forces obscures et à chacun, que nous croyons dans le Christ, Dieu et Homme, qui s’est incarné et a donné sa vie pour nous.

C’est pourquoi, lorsque vous vous approchez de la Croix prosternez-vous  avec respect et amour. En la vénérant, en lui donnant un baiser de foi et un baiser d’amour, acceptez le commandement du Seigneur: 

« Renoncez à vous même! Prenez votre Croix, et suivez-Moi où que j’aille…»  » (Homélie de Monseigneur Antoine Bloom du 27 septembre 1981)

Photo du Diaporama : Basilique du Saint Sépulcre à Jerusalem : la fête de l’Exalatation de la sainte Croix commémore notamment la dédicace du St Sepulcre par l’empereur Constantin.

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