

Fresque jointe peinte par Père Grégoire Kroug
1) 1 juin 2026 – Fête orthodoxe du Saint Esprit
Tropaire : « Roi céleste, Consolateur, Esprit de vérité, Toi qui es partout présent et qui remplis tout, Trésor des biens et Donateur de vie, viens et demeure en nous ! Purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, Toi qui es bonté«
« Il faut croire que la descente du Saint Esprit qui a eu lieu dans un endroit précis et un jour précis est dans l’Église un mystère agissant qui ne s’interrompt pas, comme la respiration de l’Église. Né dans des conditions précises, ayant un commencement, il n’a pas de fin. C’est comme un flot céleste qui a jailli dans l’Église, flot dont les eaux ne se tariront jamais. » [MOINE GRÉGOIRE (KRUG), CARNETS D’UN PEINTRE D’ICÔNES, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2019]

2) 7 juin 2026 – Fête orthodoxe de tous les Saints
Tropaire: « Parée du sang de tes martyrs du monde entier comme de pourpre et de lin, ton Église te clame par leur intercession, ô Christ Dieu : Étends ta compassion sur tes fidèles ; accorde la paix à ton peuple et à nos âmes la grande miséricorde.«
« Lorsque le Christ se séparait de Ses disciples le jour de Sa glorieuse et brillante Ascension, Il leur ordonna de rester à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils soient revêtus de la force d’en haut; après cela, il était de leur devoir d’aller dans le monde en tant que messagers de Dieu le Père. Ils devaient aller dans le monde, comme le Christ était allé dans le monde, pour prêcher que le Royaume de Dieu est proche, et que Dieu s’est fait homme, que l’abîme qui nous sépare de Lui est fermé; qu’Il est au milieu de nous et que le salut est déjà arrivé; sortir dans le monde en prêchant que le temps de la peur est passé et que le temps de l’amour sacrificiel et joyeux est arrivé; sortir dans le monde pour apporter du réconfort à chaque homme, pour essuyer chaque larme, pour mettre fin au désespoir et à la solitude, car Dieu est avec nous.
Le jour de la Pentecôte, les disciples et tous ceux qui étaient avec eux étaient en effet revêtus de la puissance d’en haut; l’Esprit Saint est descendu sur eux comme feu, comme flamme, comme amour, comme victoire. Et ils allèrent proclamer que c’était la victoire qui avait vaincu le monde.
Nous aussi, nous avons été revêtus de cette puissance, la grâce a reposé sur nous aussi, nous aussi sommes envoyés dans le monde par Christ. Mais combien nous sommes différents des saints apôtres, combien nous sommes différents des saints dont nous gardons la mémoire aujourd’hui! Ils avaient une telle inspiration et un tel courage, ils sont entrés sans crainte dans un monde beaucoup plus effrayant que le nôtre. Avec amour, ils ont abandonné la vie, qui était le don de Dieu pour eux, afin que d’autres puissent venir à la vie à travers eux, et rester en vie à travers leur mort si nécessaire.
Comme nous sommes différents d’eux! Lorsque nous nous arrêtons pour nous examiner, moi et vous et chacun de nous, combien d’irrésolution, combien de peur et de lâcheté invaincues voyons-nous. Nous vivons comme si cette victoire, cette force et cette vie ne reposaient pas sur nous; nous vivons comme un troupeau blotti, comme des gens qui s’accrochent les uns aux autres parce qu’ils ont peur d’être séparés et de rester seuls dans le monde qu’ils craignent encore. Cela signifie simplement que nous n’avons pas encore cru Dieu disant que personne n’est seul, que Dieu est avec nous, que quelle que soit notre dispersion, Christ est avec chacun de nous, que la grâce et la puissance du Saint-Esprit sont avec chacun de nous, et que nous n’avons pas besoin de nous appuyer les uns sur les autres parce que nous avons un soutien qui est plus fort que tout soutien humain. Et bien qu’un contact avec des personnes de notre propre foi, avec des personnes proches de nous par des liens de sang ou de foi soit une grande joie, notre vocation, lorsque nous avons reçu cette force d’en haut de Dieu, est d’aller dans le monde et de lui apporter ce message sans lequel il périt, et périra complètement s’il n’entend pas la bonne nouvelle et n’accepte pas le témoignage du Christ.
Allons-nous vraiment continuer à vivre comme nous le faisons? Nous vivons comme si les miracles dont parle l’Évangile, dont nous entendons parler à chaque liturgie, ne nous avaient pas touchés; à chaque liturgie, nous entendons les paroles “La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ et l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous”. Dieu est avec nous; avons-nous vraiment besoin d’autre chose? Et encore une fois, nous sommes confrontés à la même question: avons-nous cru en Dieu, avons-nous cru en Christ? Avons-nous cru les gens qui disent dans les paroles de St. Jean, » Nous témoignons de ce que nous avons vu de nos propres yeux, entendu de nos propres oreilles, touché de nos propres mains”. Ils parlent de choses qu’ils connaissent avec certitude et qu’ils peuvent proclamer avec certitude. Et s’il en est ainsi, de quoi avons-nous peur? Ne sommes-nous pas revêtus de cette grâce? Le même Dieu n’est-il pas avec nous? Les saints dont nous célébrons aujourd’hui la mémoire étaient-ils différents de nous? Non. Eux aussi étaient des personnes fragiles et faibles, dont le corps se fatiguait, dont l’esprit était effrayé, mais leur fidélité les sauvait. Autrefois, nous aurions pu plaider le manque de connaissance, mais maintenant seule la fidélité peut nous sauver et nous mettre sur le chemin des saints que nous admirons tant, à qui nous prions et qui nous inspirent – mais, hélas, seulement dans les mots, et pas dans le mode de vie. » (Homélie pour la Fête de tous les Saints, Monseigneur Antoine Bloom, 17 juin 1979)
