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Publié le Avr 23, 2009 - 11:41 AM
Dialogue interreligieux

L’HISTOIRE DE LA FÊTE DE VAÏSAKHI




Le jour de Vaïsakhi, la fête des moissons qui annonce le retour du printemps, marque aussi pour les vingt-cinq millions de Sikhs, répartis aujourd’hui dans plus de cinquante pays et formant le cinquième groupe ethnique et religieux au plan mondial, l’anniversaire de la révélation de l’Ordre des KHALSA (les Purs, c’est-à-dire celles et ceux qui vouent leur existence à la purification spirituelle et à la lutte contre l’ego) qui eût lieu en 1699.

Guru Teg Bahadur, le neuvième des onze Gourous (les dix incarnés sous forme humaine et le Siri Guru Granth Sahib, notre recueil d’Ecritures Saintes) historiques des Sikhs, prit la décision de subir le martyre pour aider l’Inde de son époque à se libérer de la tyrannie et du fanatisme des dictateurs qui l’opprimaient.

Avant de mourir, il insuffla son esprit de sacrifice dans le cœur de son fils alors âgé d’une dizaine d’années : Gobind Raï. C’est à l’âge de trente-trois ans que ce dernier reçut à son tour l’inspiration divine d’instiller ces conceptions du courage et de l’abnégation dans le cœur de tous et de toutes les Sikhs.

Il les dota pour cela d’une identité qui les inciterait à jamais à résister à l’injustice, à la tyrannie et à l’oppression.

Chaque année à l’approche du premier jour du mois de Vaïsakh, les fidèles se réunissaient traditionnellement par milliers dans sa ville d’Anandpur Sahib au Pendjab pour recevoir les bénédictions du Gourou. Au début de 1699, plusieurs mois auparavant, Guru Gobind Raï avait envoyé des édits spéciaux à tous les membres de sa congrégation, jusqu’aux plus éloignés. Il les avait enjoints à ne plus couper leurs cheveux et de les porter relevés sous le turban. Il avait aussi demandé que les hommes viennent avec des barbes intactes.

Le jour de Vaïsakhi 1699, alors que des centaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées autour de sa résidence d’Anandpur Sahib, le Guru s’adressa solennellement aux membres de la congrégation pour leur rappeler leur mission divine et les exhorter à reconstruire leur foi et à préserver l’intégrité du Dharma (la Voie spirituelle) des Sikhs.

Dès la fin de son discours, il tira son épée et rappela que chaque grande Alliance doit toujours être précédée d’un sacrifice d’égale grandeur : il exigea donc une tête humaine pour l’oblation à Dieu.

L’agitation s’empara de l’assistance, mais un homme finit par offrir sa tête au Guru.

Celui-ci l’emmena à l’intérieur de sa tente puis réapparut un peu plus tard portant à la main son épée trempée de sang. La scène se reproduisit quatre fois encore. Le Guru demanda quatre autres têtes et quatre fidèles fervents se sacrifièrent.

Pensant leur guide spirituel frappé de démence meurtrière, ses disciples (la signification première du mot sikh) commencèrent à se disperser pour s’enfuir.

Mais le Guru sortit alors de la tente accompagné des cinq hommes parés des signes corporels et vestimentaires qui symbolisent depuis ce jour la piété et la noblesse des Sikhs.

Il baptisa ces cinq hommes par une cérémonie que nous nommons Khande Da Pahul (l’épée à double tranchant utilisée pour le baptême initiatique) ou Amrit (le Nectar divin) et leur fit jurer de rester fidèles à cette manière de vivre.

Puis il demanda à ces cinq premiers initiés, les cinq Bien-aimés, de le baptiser de la même manière et il devint Guru Gobind Singh.

Depuis lors, toutes celles et ceux qui reçoivent ainsi l’Amrit de l part de cinq Sikhs initiés se voient insuffler l’esprit du courage et la force du sacrifice.

C’est en s’appuyant sur ces principes que notre dixième Maître spirituel à révélé le Kahlsa Panth, l’Ordre des Purs.

En même temps, il donna aux Khalsa une identité unique, indiscutable et distincte : le Bana, la forme corporelle et vestimentaires des Sikhs initiés qui comprend cinq articles de foi portés aussi bien par les hommes que par les femmes et universellement connus aujourd’hui comme les Cinq K : Kesh, cheveux et barbes non coupés sous le turban ; Kangha , un peigne de bois ; Kara, un bracelet de fer ; Kirpan, une dague ou épée non nécessairement tranchante de nos jours ; Kachera un vêtement.

Tous les Sikhs, hommes, femmes et enfants gardent ainsi présent à l’esprit qu’ils ont à vivre une vie faite de courage, de décence, d’abnégation et d’égalité.

Dans le Dharma des Sikhs, on considère que l’être humain n’est pas né libre mais qu’il est né pour se libérer. Cette libération spirituelle s’obtient par la pratique des enseignements qui se transmettent au sein de la confrérie. Cette transmission est conditionnée bien évidemment par le respect des vœux et de l’engagement contractés lors du baptême initiatique. Au cours de ce processus, des centres spirituels situés dans le crâne deviennent actifs et le rôle des cheveux longs soigneusement peignés, ramenés sur la fontanelle pour les hommes ou le sommet du crâne pour les femmes, puis recouverts et maintenus par un turban serré qui en est de ce fait indissociable est de favoriser cette activité en captant, filtrant, équilibrant et consolidant les énergies concernées.

Les Sikhs respectent toutes les croyances autant que l’absence de croyance. Ils considèrent que l’humanité entière ne forme qu’une seule famille.

Aussi toutes celles et tous ceux qui désirent se joindre aux festivités que les Sikhs organisent pour Vaïsakhi sont-ils les bienvenus.



Kudrat Singh Khalsa

 
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