Publié le Fév 18, 2009 - 01:07 PM
Religions et conflits


Communiqué de presse du 17.02.09


Iran : Procès annoncé des sept administrateurs bahá'ís


Paris, publié le 17 février 2009 - Une fois encore, les bahá'ís de France sont inquiets : une dépêche de l'agence iranienne ISNA annonce comme imminent le procès des sept administrateurs bahá'ís arrêtés et incarcérés depuis mai 2008. Il s’agit des deux femmes et des cinq hommes responsables de la gestion des affaires courantes de la communauté bahá'íe d'Iran, désignés comme les "Amis d'Iran".

Leur avocate, le Prix Nobel de la Paix, Me Shirin Ebadi, n'a toujours pas été autorisée à rencontrer ses clients ni à accéder à leurs dossiers. Détenus à la prison d'Evin à Téhéran, dans la section 209 qui dépend des services de renseignement, les cinq hommes seraient enfermés dans une même cellule de 10m2, sans lit.

Mercredi dernier, après neuf mois de détention sans chef d’accusation formel, le vice- procureur de Téhéran a annoncé que les sept bahá'ís allaient être jugés pour: "appartenance à l'organisation illégale bahá'íe", "espionnage au profit d'Israël", "blasphèmes" et "propagande contre la République islamique d'Iran".

Selon un communiqué d'Amnesty International, ces chefs d'accusation sont motivés par des considérations d'ordre purement politique. Pour l'organisation, ce sont des prisonniers de conscience, incarcérés au seul motif de leurs convictions et leurs activités pacifiques au service des bahá'ís d'Iran. En cas de condamnation, les sept administrateurs bahá'ís risquent la peine capitale.

« Ces accusations sont montées de toutes pièces et le gouvernement iranien le sait », a déclaré Diane Alai, représentante de la Communauté internationale bahá'íe auprès de l'ONU à Genève. Elle réclame leur libération inconditionnelle.

Les baha'ís demandent un procès équitable car ils attendent que l’innocence soit reconnue. Cela implique, entre autres, que Me Shirin Ebadi puisse rencontrer ses clients, ait accès à leurs dossiers et puisse avoir suffisamment de temps pour préparer leur défense. Le procès doit être public et avoir lieu en présence d'observateurs internationaux.

Les 300 000 bahá'ís d'Iran constituent la minorité religieuse la plus importante du pays. Considérés comme des "infidèles non protégés", ils ne sont pas reconnus par la Constitution de la République islamique et, 30 ans après la révolution islamique, continuent de faire l'objet de persécutions intenses et systématiques.


Portrait des sept prisonniers : "Des vies de service, les biographies de sept bahá'ís emprisonnés"




 
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