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Publié le Mai 17, 2005 - 06:09 PM
WCRP - International

Présentation de la Conférence mondiale des Religions pour la Paix -
World Conference on Religion and Peace
- (WCRP : "Religions for Peace")




La Conférence mondiale des Religions pour la paix est née, au lendemain de la seconde guerre mondiale, de la rencontre entre quelques hommes de bonne foi, venant des Etats Unis et du Japon, les deux pays qui s’étaient affrontés le plus brutalement. Ils pensaient qu’il doit être possible de mobiliser contre la guerre et pour la paix la force du sentiment religieux. Ils ont réuni à Kyoto en 1970 trois cents personnalités religieuses marquantes du monde entier appartenant à toutes les traditions. Leurs travaux ont mis en relief des idées tout à fait nouvelles. La “Conférence mondiale des Religions pour la Paix” est tout naturellement devenue une organisation permanente et travaille toujours sur les bases définies à Kyoto.

La première consiste à souligner que les religions ont en commun certains traits qui peuvent fonder une action pour la paix : un ensemble de normes morales, le souci du bien de la personne et le sens de la communauté. Ces constatations débouchent sur une affirmation très ferme et de portée tout à fait concrète : « La violence commise au nom de la religion, est violence contre la religion ».

Une seconde idée, liée à la précédente, est que pour travailler à la paix, les hommes religieux n’ont pas à renoncer à ce qu’ils croient. Au contraire, chacun doit revenir à l’essentiel de sa religion, y retrouver tout ce qui favorise la paix, et veiller à ce qu’elle ne soit pas contaminée par la poursuite de buts qui lui sont étrangers.

La conférence de Kyoto a fait découvrir enfin qu’en affirmant le message de paix qui leur est commun, les religions peuvent avoir plus d’influence si elles parlent ou agissent ensemble que lorsqu’elles le font séparément.

La WCRP a donné à ce programme la diffusion la plus large. Depuis Kyoto, elle a tenu tous les quatre ou cinq ans une “assemblée mondiale” Chacune de ces rencontres a donné un nouvel élan à la coopération interreligieuse pour la construction de la paix.

L’histoire récente en souligne l’utilité. Dans les pays qui ont sombré dans la misère et l’anarchie, les religions sont souvent la seule institution qui subsiste et qui peut prendre en charge, par défaut, la survie des populations et l’amorce d’un processus de reconstruction.

La Conférence Mondiale est dirigée par un présidium de quarante membres. Y figurent notamment trois cardinaux, deux prélats orthodoxes, l’archevêque de Cantorbéry, le président protestant du Conseil Œ*****énique des Eglises, deux grands rabbins, et des dignitaires musulmans, hindous, bouddhistes, etc. venus de tous les continents. Un conseil exécutif restreint suit les affaires courantes sous la présidence d’un “modérateur”, actuellement le prince El-Hassan bin Talal, oncle du roi de Jordanie, particulièrement connu et respecté du monde arabo-musulman. Le secrétariat général, installé à New York est placé sous l’autorité du Dr. William F. Vendley, ancien missionnaire laïc de l’association catholique américaine de Maryknoll.

Des sections nationales existent dans cinquante et un pays, y compris, bien entendu, la France. La section française a commencé vers 1980 par des contacts informels auxquels participaient notamment Madeleine Barot, grande personnalité protestante, le P. Claude Geffré, dominicain, Robert de Montvalon et Jacqueline Rougé. Elle est née officiellement en 1986. Son activité consiste surtout à organiser en divers lieux des réunions publiques, des groupes de prière, des rencontres régulières (“Tables des religions”, “ Les religions se parlent”, “Semaines de rencontres des religions” de Marly-le-Roi), des “Assises de l’interreligieux”, des colloques comme celui de 2004 sur “Les fondamentalismes et la paix”. En 1992, un colloque a été réalisé en commun avec le CCFD. Les sections nationales collaborent entre elles au niveau régional en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique Latine. En ce qui concerne l’Europe, le secrétariat est à Londres. Il est dirigé par M. Jehangir Sarosh, zoroastrien, donc a priori étranger aux querelles pouvant surgir entre les fidèles des diverses confessions chrétiennes de l’Europe, les Juifs, les Musulmans et les diasporas des autres religions présentes dans ce continent.

Indépendamment des sections locales, qui regroupent des militants de la paix et du dialogue interreligieux, des Conseils de responsables religieux ont été constitués à l’échelle d’un pays, d’un groupe de pays, par exemple, en Afrique, la région des Grands Lacs, ou d’un continent entier (ce qui est le cas en Europe). Dans des endroits comme la Côte d’Ivoire, la Sierra Leone, le Libéria, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine, l’Irak, où sévissent des conflits ayant une dimension religieuse, ils rassemblent les chefs des communautés en présence pour qu’ils condamnent le terrorisme sans équivoque, appellent ensemble à la paix et à la réconciliation, se posent s’il le faut en médiateurs, et jouent ainsi un rôle irremplaçable en faveur du rétablissement de la paix.

Directement, ou à travers les structures régionales et locales existantes, la WCRP mène des actions multiples tendant ici à l’aide aux enfants victimes du SIDA, là à la mise en place de “commissions pour la vérité et la réconciliation”, ailleurs à la démobilisation et à la scolarisation des enfants-soldats, à l’élimination des armes légères, à la reconstruction des zones dévastées par la guerre civile, au soutien des associations de femmes, à la révision des manuels scolaires...

La Conférence mondiale est accréditée en tant qu’ONG auprès de l’ONU, de l’UNESCO et d’autres organisations de la famille des Nations Unies. Elle apporte dans les débats une contribution appréciée, en particulier lorsqu’il y est question d’empêcher une “guerre des civilisations” et de promouvoir le dialogue inter culturel (dont le dialogue interreligieux est un élément indissociable). “L’intolérance religieuse peut être une source de violences ; la coopération entre les religions peut être une force encore plus puissante en faveur de la paix.”

Jacqueline Rougé
Présidente honoraire de la WCRP


le 29 mars 2005


 
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